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Princes entendez bien

Les amicalistes

À force de tendre la main pour la belle aumône
d'attendre d'ailleurs le gîte le couvert et le toit
à force de prendre les miettes au pied du trône
on se retrouve seul un jour et loin de chez soi
à force de croire qu'au bout de tous les voyages
la fortune des autres va fleurir à ses pieds
le nomade met le cœur et le pays en bagage
sur le chemin des villes et des champs étrangers
à force d'attendre du noir ouvrage
l'oubli des chansons et des temps d'autrefois
les vaincus de l'exil finissent au parcage
des cités sans nom où le cœur a froid
l'exilé s'emmerde

le temps de pleurer sur les terres lointaines
de trouver ailleurs l'écoute et la main d'un ami
le temps de gravir le chemin des pleurs et des peines
les tavernes du soir versent au cœur le vin et l'oubli
parle moi du pays en ces nuits de belles ripailles
nous sommes deux, serons cent pour boire et chanter
tu viens comme moi du pays où de belles canailles
raflent les mains pour l'ouvrage
et les cœurs pour guerroyer
à force d'attendre sous le coup des outrages
que vienne le retour sans lendemains
les vaincus de l'exil s'amusent aux mirages
d'être un peu moins seuls en se donnant la main
et l'on s'amicalise

Pennarec et Marec se refont une carrière
nomme moi secrétaire, je te ferai président
nous mettrons Julie Bigot en panty de trésorière
le trésor viendra tout seul avec les adhérents
couronnons une duchesse en velours et guêpière
c'est plus cher qu'une guenon
mais c'est bien plus marrant
ça se ballade partout une année toute entière
ça se choye beaucoup et se trousse de temps en temps
émigrés de Paris, Marseille et Toulouse
l'amicale t'attend à la galette des rois
nous aurons un député un ministre à la partouze
tu paieras ta carte à la fin du repas
et l'on se trouduculise



quand le temps du berceau s'estompe avec l'âge
l'exil ramène les cœurs aux portes des caveaux
vivre pauvre souvent et toujours de mirages
est le sort de chacun des émigrés du troupeau
ils reviennent à leur terre pour frapper à la porte
des joyeuses pensions où s'emmerdent les plus cuits
avoir vécu sans vivre et survivre sans escorte
quel triste salaire pour une retraite de paradis
partir à la ville au temps des jeunesses
et subir pour longtemps les lois du mépris
vivre pauvre chez soi est encore une richesse
qu'il faudra tenir demain, en tenant un fusil.

Glenmor par Guy-Christophe Coppel
in «La voix du clan Glenmor»
Glenmor par Guy-Christophe Coppel in «La voix du clan Glenmor»



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