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Vivre

Vivre

Mettez en brume deux doigts de sainteté
saupoudrez le tout d'une once de vérole
et sauce faite ajoutez trois gouttes de pitié
pour une pauvre cité qui se dit métropole
ne pas oublier les tonnes de prétentions
qui font d'un seul cimetière une capitale
l'hexagone a ses morts et beaucoup sont Bretons
le onze novembre chez nous est fête nationale
j'accuse les églises qui roulent tout l'or du Pactole
de givrer tout homme et d'en faire un couillon
et tous ces bastions que la bêtise seule habille
attendent encore ce jour la prise de la Bastille

Vivre des temps et des temps d'inquiétude
chanter les dieux qui ne se nomment plus
écrire un chemin parmi les solitudes
des villes et des champs et des monts perdus

Lundi c'était un lundi de douce Irlande
une terre couchée sous une toison d'aubépine
des temps et des temps de tristes sarabandes
où se glissaient parfois le fusil et la famine
c'était l'aurore aux mille trompettes de guerre
la piste des loups coupait la tendre pâture
une armée de pouille où les matrones sont vivandières
c'était l'aube du soldat du traître et du parjure
l'esclave des rois n'est que mendiant en république
le baron du régime boit aux coupes de Versailles
il a la tripe royale et le discours démocratique
à Jacquou-le-Croquant le reste de la canaille
à toute armée de gueux il fallait une cimaise
les monts de chez nous attendent encore
leurs Pâques irlandaises

La glèbe est douce au pied du paysan
pour trois sous elle te dérationalise
ça te colle la chiasse aux premières dents
et te voute le dos en tour de Pise
elle t'accroche aux doigts deux doigts de fumure
te fait la gueule sale et les pieds puants
la tantouse bourgeoise qui chante la nature
n'a jamais vu de près le cul d'un manant
ils sont de même race que leurs chevaux
bras de sollicitude et des mains de bourreaux
ils ont dans les yeux deux mille ans de silence
et sur la peau deux mille ans de tempête
mais pour un seul épi que l'été met en fête
ils parlent de silo de moisson d'abondance

La cité appartient au négoce aux malfrats
la taverne brigande vend la pute aux bourgeois
la faune des nuits réhabille ses dames
on y parle d'alcôves et de touffe poétique
Monsieur Utérin que le démon de l'âge habite
ajoute au plat du jour les hanches de madame
Julot-l'arguebuse qui ne sut jamais la manière
étale dans un bar la cramouille de sa rombière
c'est l'heure où s'échappe des demeures conventuelles
le chant du Sieur Abbé que tutoie une pucelle
ils mitônnent en champs clos les ragoûts du carême
la cité met en sauce les pâques républicaines
une ronde d'honneur messieurs de la carmagnole
les nuits de mai attendent encore
les vêpres espagnoles.

Glenmor avec Fañch Bernard, à l'époque des cabarets
in «La voix du clan Glenmor»br>
Photo Yves Quentel
Glenmor avec Fañch Bernard, à l'époque des cabarets in «La voix du clan Glenmor»br> Photo Yves Quentel



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