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Droit de guerre

  Aucun peuple n'a droit de guerre, aucun peuple n'a droit de vie ou de mort sur un autre. Entendons-nous bien, les guerres sont innombrables et les armes diversifiées: Le combat, la violence ne sont en fait qu'une forme de conflit inintelligent. Seuls les chiens peureux mordent plus par crainte que par envie de méfaire. La violence ne garantit même pas le vainqueur de ses propres pertes, ce qui explique que nos guerres historiques n'ont pas modifié essentiellement les découpes nationales de notre vieux monde. Ces guerres armées et tactiques relèvent uniquement de notre imbécilité. L'homme est-il devenu assez sage pour les éviter à I'avenir? Nul ne le sait. Espérons tout de même.
  Mais il est d'autres formes de guerres empreintes de paternalisme, relevant le plus souvent du mythe universaliste. De quel droit un Etat (corps administratif constitué) peut-11 imposer sa vision du monde à un autre Etat? De quel droit une nation dite cultivée peut enfreindre le droit d'une autre nation à se développer dans sa mystique propre ? Précisons, puisque tel est notre propos : de quel droit là France peut-elle ïmposer à ia Bretagne son gallicanisme béte et orgueilleux ? M. Sanguinetti, gaulliste émérite, avouait avant le dernier référendum de la pseudo régionalisation qu'il était possible de concevoir une Allemagne, une Italie fédérales parce qu'il éxistait une culture allemande, une culture italienne. II n'en était pas de même, disaitil, pour la France car il n'existe pas de culture française originale.
  II suffit d'ailleurs de se référer à la littérature dite française pour s'en rendre compte. Les premières heures de celle-ci furent marquées par un pillage systématique des romans bretons. C'est dans la littérature celtique que la chevalerie sauvage des Francs découvrit le culte de la Dame et la mystique d'honneur. François t er, son époque, ne furent à I'origine du classicisme qu'après le pillage des bibliothèques d'Orient. Les auteurs du grand siècle, en fait, ne furent que les adaptateurs des Anciens.
11 suffit d'ailleurs de se référer à la littérature dite frangaise pour s'en rendre compte. Les premières heures de celle-oi furent marquées par un pillage systématique des romans bretons. C'est dans la littérature celtique que la chevalerie sauvage des Fràncs découvrit le culte de la Dame et la mystique d'honneur. François t er, son époque, ne furent à I'origine du classicisme qu'après ie pillage des bibliothèques d'Orient. Les auteurs du grand siècle, en tait, ne furent que les adaptateurs des Anciens.
Si quelques-uns furent des adaptateurs de génie, il n'en reste pas moins vrai que le grand siècle n'eut que Molière comme créateur véritable.
  La France ayant, pour la latinité, renié ou oublié ses apports celtiques, ne pouvait sañs passé, créer un style propre à une culture personnalisée. La France, culturellement, ne s'est développée que de la façon d'un pays conquis, en sous-produit d'une romanité décadente. De ce fait, elle n'est ni ne sera Jamais une nation. Au corps des derniers siècles, les rois, d'abord, puis les Républiques, I'Empire ont prôné I'unitarisme étatique et administratif comme substrat de nationalité. Ce qui explique d'ailleurs qu'en France le citoyen confond les notions d'Etat, de nation et de patrie. D'oü le gallicanisme ambiant qui n'est pas seulement une conception française de la religion, mais aussi un palliatif au manque total de souffle original.
  Pour se donner une couleur d'étre en tant qu'ethnie, la France s'est vue obligée d'éliminer de son enseignement toutes les valeurs culturelles extérieures à ses définitions abstraites de SA culture. Ainsi le bachelier ignore la plupart du temps I'aeuvre de Shakespeare, les écrits de Goethe, de Dante et pratiquement tout ce qui existe en dehors de la
production littéraire et artistique frangaise.
  La lutte que mène Paris pour imposer son hégémonie culturelle se confond avec une propagande sans frein. Paris se gargarise, se contemple, s'adore et prétend s'imposer. En fait, la capitale rôte car elle s'imagine avoir avalé toutes les cultures nationales de I'Hexagone et avoir définitivement imposé au monde occidental son état hautain et permanent de « ville lumière ». C'est au hasard des voyages que nous avons pu remarquer le sourire condescendant des autres capitales européennes pour la vanité et le chauvinisme parisiens.
  Devant ce néant, devant cette prétention qu'a Paris de nous imposer un Maurice Chevalier comme humaniste et un Saint-Exupéry comme métaphysicien, la Bretagne a droit de guerre.
  Guerre sur le front culturel pour maintenir notre culture propre. Guerre sur le front social pour que la Bretagne ne meure pas. Guerre sur le front politique pour qu'en faca d'un Etat capitaliste et centraliste, notre pays se maintienne et reconquière la force et I'élan qui furent les siens et que nul n'a le droit de détruire.

Glenmor   

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